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Réveler sa vraie nature

 

Caramel, je passe devant toi depuis des années, sans m’arrêter. Et puis un jour, j’entends ton appel. Tu t’ennuies dans ce champ. Séparé de tes congénères car tu es entier et légèrement fugueur.

Oui, tu t’ennuies et tu lances un appel, comme une bouteille à la mer.

 

« Y a-t-il un humain pour venir rompre mon ennui ? »

 

 

Et je capte cet appel. Alors, j’arrête ma voiture et je vais te voir. Tu es si beau, avec ta robe pie, blanche et marron, comme les chevaux des amérindiens.

 

Surpris, tu ne viens pas tout de suite. Alors, je m’assoie de l’autre coté de la barrière. Je te tourne le dos et j’attends, 10 minutes, un quart d’heure. J’entends ton pas, hésitant. Je te sens te rapprocher jusqu’à ce que ton souffle vienne effleurer ma nuque. Je te laisse humer mon odeur, mes auras. Je n’émets aucune intention, juste faire connaissance, établir le premier contact.

 

Puis je repars.

 

Tous les jours, pendant une semaine, je viens te rendre visite. Et tu me reconnais. Tu t’approches sans te laisser toucher. Trop peur de la main de l’homme. Alors, je chante un mantra pour toi. « Sa Ré Sa Sa, Sa Ré SaSa, Sa Ré SaSa, Sa Ré Hang… » le mantra de l’unité. Et premier miracle, tu me lèches les mains, lorsqu’elles sont au-dessus de ma tête, en offrande. Alors, je sais que tu acceptes ma présence et mon amour inconditionnels.

 

 

Je reviens avec des carottes, avec de l’herbe des champs fraîchement coupé. L’herbe de printemps est si bonne, car je sais ta lassitude du foin sec et sans saveur que l’on te donne à longueur d’années.

Au fur et à mesure de nos rendez-vous, notre intimité grandit, jusqu’à poser ta tête sur la mienne lorsque je te caresse le cou, les garrots… Quand tu entends mon pas, tu accours. Si j’approche lentement dans le chemin, car je ramasse ton herbe, tu m’appelles d’un long hennissement. Si je ne viens pas d’une semaine, tu me lances un regard lourd de reproches avant de nous réconcilier avec l’offrande de carottes.Notre lien est maintenant si fort, que tu m’appelles en télépathie. Que je te protège d’une aura dorée lorsque le vent se fait tempête. Toi qui n’as même pas un abri pour te protéger.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de te dire toute ma gratitude.

Merci, pour les émotions que tu nettoies en moi lorsque je te caresse.

Merci, pour m’avoir fait découvrir la force du don et de l’amour inconditionnels.

Merci, pour développer en moi ce don de communication animale.

Merci, pour m’avoir fait découvrir ma vraie nature.

 

Parce que c’est toi, parce que c’est moi.